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Vous parcourez actuellement les archives du blog eLeF Des Baies et NaturalArte. Graines d’inspiration pour le jour suivant : 17.6.2008.

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Archive pour 17.6.2008

education alternative

Je n’avais pas tellement l’intention de faire un article sur le maternage sur ce journal, mais finalement un journal qui parle d’éducation, qui soutient un association qui parle d’éducation, peut bien se permettre un article sur le sujet.

Je ne vais pas expliquer ni démontrer, il y a le blog “le monde de Sélène” qui est un bel exemple du mode de vie autour de maternage et en plus ce blog est agréable à consulter, il y a une valeur esthétique non négligeable. Il y a des liens vers d’autres bloggeurs maternant, qui eux même ont des liens vers, ect…

Je suis heureuse de cette communauté qui se met en place autour de l’enfance, car je me dis que les parents maternant d’aujourd’hui fabriqueront sans doutes l’école de demain. Comme quoi le sujet est vaste. Et j’observe avec intérêt, et grand plaisir ce nouveau mouvement dont les mots clefs sont : accouchement naturel, allaitement (le plus long possible avec sevrage naturel de l’enfant), cododo, peau à peau avec le portage ( écharpe de portage dont les nouages sont devenu accessibles à qui s’y intéresse grâce à la toile), massages, communication non violente, HNI (hygiène naturelle infantile),éducation alternative, et une dimension écolo, vivre bien dans un monde à soigner, avec les couches lavables et les produits d’entretien et de soin maison. évidement c’est aussi le retour des petits pots fait maison, en bio pour ceux qui peuvent.

Se greffe donc à ce mouvement de maternage un élan de décroissante.

Un bémol toutefois.

C’est le coté économique de cette histoire, c’est ce qui fait son essors mais le phénomène de prise de conscience s’accompagne d’un phénomène de mode récupéré par le commerce.

Il ne suffit plus d’une écharpe pour porter son bébé en corps à corps, mais une écharpe de telle ou telle marque, en coton oko tex, ou en bio oko tex, les plus chères du marché donc.

J’aligne ma réflexion sur les couches lavables à celles de la maman de Sélène sur le sujet, . La couche mania me semble loin des considérations de départs. Les couches lavables, exceptées celles en coton bio, sont réalisées avec des matériaux totalement synthétiques, tel que le PUL, constitué de couches de tissus collés, oui mais avec quoi???, le polaire,etc… idem pour les culottes de protection. Il en existe quand meme en pure laine, impermeable grace à sa lanoline naturelle. mais il n’y en a qu’un modele ou presque et ce n’est pas en vogue.

Tout ça pour dire que se met en place un véritable marché autour du maternage, je trouve qu’il y a là une certaine contradiction, car si le maternage est un “retour aux sources” dans la relation à l’enfant, la sur-consommation va dans le sens contraire.

C’est une réflexion sur l’allaitement qui me fait réagir sur le sujet aujourd’hui.

Ca faisait tres longtemps que je ne l’avais pas entendue, et en me revenant, elle provoque quelques réflexions. A propos de l’allaitement long, d’un enfant ayant acquis une certaine autonomie (quelle prise d’autonomie est incompatible avec l’allaitement?), étant considéré comme un “probleme” dans la relation mère-enfant, ce genre de probleme catalogué sous le registre EXCLUSIVITE ou encore FUSIONNEL.

La relation fusionnelle, totalement diabolisée, c’était le grand mot des qu’on abordait le sujet de l’éducation dans les années 90. Le pire, le mal, le mauvais. Je crois que cela s’explique dans le contexte de l’epoque, où les meres étaient encore celle de 68 et de l’après soixante huit, et où elles commençaient à devenir grand mère. La libération de la femme se conjuguait à coup d’autonomie personnelle dans le couple, autonomie qui passait forcement par l’autonomie financière, à coup de biberons, plus simple pour coller son mouflet à la crèche et aller bosser, toujours cette même recherche d’autonomie. L’enfant devait avoir son lit, dans sa chambre le plus rapidement possible, être bien réglé pour cause de nécessité de rythme familial. Autonomie de chacun des parents et des parents ensembles.

En fait, sous couvert de libération des femmes ,l’industrie et le commerce récupérait une main d’œuvre peu qualifiée,fragile et sous payée (on peut encore en voir les dégâts dans la grande distribution… )Les publicitaires ont fait leur boulot en créant les besoins induient par la perte de temps engendré par ce système.Tout le monde a cru y gagner mais les victimes restent les mères,conspuée par les féministes en restant à la maison,culpabilisées par le discours des pédiatres et psy médiatisés, contraintes à la course effrénée d’être bonnes mères, irréprochables au boulot, ménagères,maitresses,de préférence minces, élégantes et bien dans leurs peaux s’il vous plait,merci!!!

Je ne dis pas que le mode d’éducation soit mauvais ,même si je peux avoir un avis très différent, je trouve simplement que ce modèle social, et necessairement social puisque la femme doit aller travailler pour exister au regard des autres,ne valorise pas plus ni la mère ni l’enfant que celui que retrouve bon nombre de jeunes ou moins jeunes femmes, de rester au foyer et de s’y sentir à la bonne place pour faire avancer les choses ,économiquement,écologiquement et donc politiquement.On peut trouver ça archaïque et passéiste mais n’était-ce pas la principale critique faite aux écologistes il n’y a pas si longtemps?

Pour l’instant ces voix ne sont pas très entendues à part dans les groupes alter-mondialistes.

Les femmes du”tiers monde” ont-elles une relation tellement fusionnelle avec leurs enfants que cela engendrent des problemes relationnels a l’échelle des continents?

La réflexion sur le sujet du maternage commence à être prise très au sérieux par d’importants scientifiques tant le bénéfice pour la famille et pour l’enfant et par conséquent sur l’avenir semble indéniable ( voir le site en lien sur le maternage) . Les pays anglo-saxons et nordiques sont déjà bien en avance sur le sujet aussi bien sur le plan intellectuel que matériel, sans etre dans la nécessite dans la quelle se trouve celle des femmes qui vivent dans des pays ou cultures qui pratique le maternage dans la non industrialisation. Ces femmes dont nous prenons modèle pour retrouver des gestes qui nous permette de soigner à nouveau nos bébés.

Concernant l’allaitement, il y a le livre extraordinaire de Marie Thirion, qui décrit dans son étude le sevrage naturel d’un enfant qui peut se faire vers 4-5 ans, et que cela se pratique couramment dans les pays nordiques. J’ai lu recemment sur internet qu’on avait decouvert que l’une des molecules (?je ne sais plus exactement quel terme scientifique est employé?) qui participe à la defense immunitaire de l’homme est présente dans le lait maternel mais que l’enfant ne la produit qu’à partir de l’age de 5 ans justement.

J’ai fait l’expérience étonnante, étonnante, par qu’il était compliquée de la faire dans le contexte social des années 90, de voir mes enfants allaités prendre leur autonomie avec un telle confiance en eux et dans le monde qui les entoure (on explique tellement bien et tellement fort le mal que fait une mère à son enfant en le gardant dans son giron), et je retrouve dans ce que disent les femmes qui ont vécu un allaitement long le même constat.

Mes enfant co-dodotés ont zappés les passages de terreurs nocturnes, ce qui doit être très nocifs, ils ont passés des années endormis blottis contre mon corps et puis un jour plus. à bien y regarder je ne trouve pas en cela des sequelles non plus. L’histoire du cododo est bien racontée dans le site sur le maternage auquel je fais référence. Il est à noter quand même que les pédiatres commencent doucement à dire que si on remettait un peu les bébés dans les chambres des parents, peut être que certains accidents pourraient être évites.

La société qui a voulu envoyé loin les femmes de leurs enfants les a coupé de leur instinct. quelle autre espèce animale dort séparée de ses petits? quelle autre espèce animale confies le soin de ses petits à d’autre? quelle autre espece que la notre detruit le milieu dans le quelle elle vit? il y a des structures sociales chez certaines espèces animales comme les loups où les taches autour des petits se partagent, des cultures où les enfants allaités seront allaités par d’autres femmes en cas d’absence de la mère. Le probleme de la structure sociale c’est quand elle fait loi au delà de l’individu

Je crois que la société dite de l’épanouissement de la femme a trop coupée celle ci de sa maternité et que c’est ce qui explique ce retour en force du maternage. Dans les années 90 on accouchait avec péridurale, portée aux nues par toutes ces femmes qui avaient tant souffert de leurs propres accouchements. aujourd’hui certaines femmes réclament d’avoir le choix et parfois c’est un combat pour l’obtenir parce qu’il se trouve que la péridurale arrange bien les praticiens aussi. Une sage femme géniale rencontrée il y a peu appelle l’accouchement médicalisé du vidage d’utérus. Ma mère me trouve complètement réac lorsque j’explique que je veux accompagner mon bébé durant sa naissance, que je veux être là. Le tout est d’avoir le choix et aujourd’hui ce n’est pas une évidence.

Dans cet esprit toujours, certain pedo-psy de renom et à la mode, incontournablement médiatisé prônent encore la séparation parent-enfant comme une nécessité. Je lisais sur internet qu’a la question que pose un enfant à ses parents concernant le fameux “comment fait on un bébé?” le parent se doit de répondre à l’enfant:” demande à ton médecin et ensuite on en parlera ensemble si tu veux”. sur l’allaitement ce même pedo-psy renommé explique “qu’allaiter plus de 7 mois est un abus sexuel” et que les parents doivent expliquer à son enfant qui voudrait toucher les seins de sa mère que les seins sont les jouets du papa et de la maman”. Demande à ton médecin, une manière de plus de couper les parents de leur enfant, le médecin a t il y une science tellement inaccessible que nous, pauvre parent, ne puissions la connaitre. où les parents à qui il s’adresse sont tellement démunis culturellement et socialement? ou bien encore est ce qu’il deviendrait incestueux de parler de sexualité avec ses enfants? quel pouvoir donné une fois de plus à la tierce personne, extérieure à la famille. Quand à faire des seins de la femme le jouet de qui que ce soit, cela nous choque tout les deux, homme et femme, père et mère que nous sommes. C’est une image bien dégradante, bien humiliante, de la femme, et sa maternité.

Un dernier point sur le maternage. L’argument-phare de “la relation - fusionnelle- c’est- mal-très-très-mal” . Et la place du père dans tout cela? Et la femme est une femme, elle n’est pas que mère quand même.

Il y a dans cet article nos deux “je”, il est écrit à quatre mains. Je crois que tous les parents qui pratiquent le maternage pourront donner le même témoignage, il faut être deux, être ensemble et avancer main dans la main pour donner à ses enfants cette education alternative. Elle demande tant de disponibilité et de confiance, tant de temps. et dans ce dialogue ouvert et constant établis entre chacun, tout le monde a sa place parce qu’il s’agit de partage. Le maternage, l’allaitement, le portage, le cododo, c’est donner la seule chose que l’on puisse donner, à savoir son temps. et son amour.

et le temps de l’enfant dans les bras de sa mère ou de son son père est un temps qui ne dure pas très longtemps finalement dans le temps d’une vie. c’est un passage, comme le corps de la femme devient un corps de mère le temps de. et il me parait aujourd’hui qu’il est important d’accepter de prendre le temps, d’écouter ses besoins et de les accepter en dehors de toute considération sociale, à moins que le social ne se transforme…

J’ai trouvé cette affiche sur un blog “alternatif” et elle me parle particulièrement. je suis allées faire un tour sur le site de cette association et j’y ai retrouvé le même principe auquel nous avions tellement adherés, le principe du perdant-perdant; perdant-gagnant et gagnant-gagnant. même si il concerne les pleurs du nouveau né, je crois que ce principe mis en place doit pouvoir s’appliquer à la relation avec des enfants de tout age. J’en fais un “copié-collé” à la suite de cette image.

Mais on peut trouver beaucoup plus de références et de renseignement sur les sites suivants:

http://maternage.free.fr/index.html

http://www.niclaquesnifessees.org/

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7 CHOSES QUE LES PARENTS DOIVENT SAVOIR A PROPOS DES PLEURS DU BEBE Dr. Sears.

Version originale: http://www.askdrsears.com/html/5/t051200.asp#T051204
1- les pleurs du bébé - le signal parfait. Les scientifiques ont depuis longtemps émis l’appréciation que le son des pleurs du bébé a les trois caractéristiques du signal parfait.
En premier, un signal parfait est automatique. Un nouveau-né crie par réflexe. Le nourrisson ressent un besoin qui va déclencher une inspiration d’air soudaine suivie d’une forte expulsion de cet air au travers des cordes vocales qui à leur tour vibrent pour produire le son que nous appelons “pleurs”. Durant les premiers temps, le petit nourrisson ne pense pas “quelle sorte de son va mener à ce que l’on me nourrisse?”, il crie juste de manière automatique. De plus, ces pleurs sont facilement générées. Une fois que ses poumons sont remplis d’air, le nourrisson peut initier les pleurs avec très peu d’efforts.
Deuxièmement, les pleurs sont adéquatement dérangeants: suffisamment stridents pour obtenir l’attention de celui ou celle qui s’en occupe, mais pas au point de lui faire vouloir échapper au son entièrement.
Troisièmement, les pleurs peuvent se modifier au fur et à mesure que l’émetteur et le receveur apprennent à rendre le signal plus précis.
Le signal émis par chaque bébé est unique. Les pleurs d’un bébé sont le langage du bébé, et chaque bébé pleure (crie) différemment. Les chercheurs qui s’intéressent à la voix, appellent ces sons uniques les empreintes de pleurs, aussi uniques pour un bébé que ses empreintes digitales.

2. Répondre aux pleurs d’un bébé est biologiquement correct. La mère est biologiquement programmée pour donner une réponse maternante aux pleurs du nouveau-né, et pas pour se restreindre. Des changements biologiques fascinants ont lieu dans le corps de la mère en réponse aux cris de son enfant. Lorsqu’elle entend son bébé pleurer, la circulation sanguine augmente dans les seins de la mère, s’accompagnant d’une impulsion biologique de “prendre dans ses bras et nourrir”. L’allaitement au sein lui-même cause une décharge de prolactine, une hormone que nous supposons être la base biologique de ce que l’on appelle “l’intuition maternelle”. L’ocytocine, l’hormone qui déclenche le reflex d’éjection du lait, provoque aussi des sentiments de relaxation et de plaisir, une manière plaisante de compenser la tension provoquée par les pleurs du bébé. Ces sentiments vous aident à aimer votre bébé. Mamans, écoutez les indices biologiques de votre corps quand votre bébé pleure plutôt que les donneurs de leçons qui vous disent de faire la sourde oreille. C’est facile pour eux de vous donner de tels conseils, ils ne sont pas biologiquement connectés à votre bébé. Rien ne se passe au niveau de leurs hormones lorsque votre bébé crie.

3. Ignorer ou répondre au signal des pleurs? Une fois que vous savez apprécier la valeur du signal des pleurs de votre bébé, ce qui importe c’est de savoir ce que vous en faites. Vous avez deux options de base: ignorer ou répondre. Ignorer les pleurs de votre bébé est en général une situation perdant-perdant. Le bébé complaisant abandonne et cesse de signaler, se renferme, et finalement se dit que pleurer ne vaut pas le coup, et conclue que c’est lui qui ne vaut pas le coup. Le bébé perd la motivation de communiquer avec ses parents, et les parents manquent une opportunité d’apprendre à connaître leur bébé. Tout le monde perd. Un bébé avec une personnalité plus persistante -la plupart des bébés aux besoins intenses- n’abandonne pas si facilement. A la place, il crie de plus en plus fort et c’est l’escalade dans l’intensité de son signal, le rendant de plus en plus dérangeant. Vous pourriez ignorer ce signal persistent de plusieurs manières. Vous pourriez attendre qu’il ait fini de pleurer, puis le prendre afin qu’il ne pense pas que ce sont ses pleurs qui ont attiré votre attention. C’est en fait une sorte de lutte pour le pouvoir. Vous apprendriez au bébé que vous contrôlez les choses, mais aussi qu’il n’a pas capacité à communiquer. Cela ferme la communication parent-enfant, et sur le long terme, tout le monde perd.
Vous pourriez aussi vous désensibiliser complètement, jusqu’à ce que vous ne soyez plus du tout “dérangé” par les pleurs, et ainsi apprendre au bébé que l’on ne s’occupe de lui que si c’est “le bon moment”. C’est une autre situation perdant-perdant. Le bébé n’obtient pas ce dont il a besoin, et les parents se retrouvent dans un état d’esprit qui ne leur permet pas de profiter de la personnalité unique de leur bébé.
Vous pourriez aussi prendre votre bébé pour le calmer et le reposer ensuite parce que “ce n’est pas encore le bon moment pour le nourrir”. Après tout il doit apprendre à être heureux “indépendamment”. Perdant-perdant encore une fois, il va se remettre à pleurer et vous vous sentirez en colère. Il va apprendre que ses tentatives de communication, bien qu’entendues, n’obtiennent pas la réponse adéquate, ce qui peut le mener à ne plus se faire confiance: “Peut-être qu’ils ont raison. Peut-être que je n’ai pas vraiment faim”.

4. Soyez maternante. L’autre option est de répondre promptement et de manière maternante. C’est gagnant-gagnant pour le bébé et pour la mère qui s’appliquent a mettre au point un système de communication qui les aide tous les deux. La mère répond promptement et sensiblement, de telle sorte que le bébé sera moins désespéré la prochaine fois qu’il a besoin de quelque chose. Le bébé apprend à “crier mieux”, d’un manière moins dérangeante puisqu’il sait que sa mère va venir. Les mères structurent l’environnement du bébé de sorte à ce qu’il ait moins besoin de pleurer; elle le garde proche d’elle si elle sait qu’il est fatigué et prêt à dormir. La mère augmente aussi sa sensibilité aux pleurs, et ainsi leurs donne la réponse adéquate. Une réponse rapide lorsque le bébé est jeune et est facilement déstabilisé ou lorsque le cri rend clairement compte qu’il y a danger; une réponse plus lente lorsque le bébé est plus vieux et commence à apprendre à régler certains désagréments de son chef.
Répondre de manière appropriée aux pleurs de votre bébé est le premier et le plus difficile défi de communication auquel vous allez faire face en tant que mère. Vous ne maîtriserez ce système qu’après la répétition des milliers d’appels-réponses des premiers mois. Si initialement, vous considérez les pleurs du bébé comme un signal auquel on doit répondre et qui doit être évalué plutôt que comme une habitude malheureuse à perdre, vous vous ouvrez la possibilité de devenir experte sur tout ce qui concerne votre bébé. Chaque signalétique mère-bébé est unique. Voilà pourquoi il est tellement de courte-vue de la part des “entraîneurs de pleurs” de prescrire une formule toute faite du genre “laissez-le pleurer 5 minutes la première nuit, 10 minutes la seconde” et ainsi de suite.

5. Ce n’est pas de votre faute si bébé pleure. Parents, haut les cœurs ! Si vous réagissez bien à votre bébé et que vous essayez de lui faire se sentir en sécurité dans ce nouveau monde, vous ne devez pas penser que c’est de votre faute si votre bébé pleure beaucoup. De même que ce n’est pas vous qui décidez que votre bébé arrête de pleurer. Bien sûr, restez ouverts pour apprendre de nouvelles manières d’aider votre bébé (comme changer de régime alimentaire si besoin, une nouvelle manière de porter votre bébé) et avertissez votre médecin si vous suspectez une cause physique derrière les pleurs. Mais il y aura des moments, lorsque vous ne savez pas pourquoi votre bébé pleure, vous vous demanderez si le bébé lui-même le sait. Il y a des fois où le bébé peut simplement avoir envie de pleurer, ne vous sentez pas désespéré si aucun de vos remèdes habituels ne marche.
C’est un fait dans la vie de nouveaux parents: bien que les bébés pleurent pour exprimer un besoin, leur manière de pleurer dépend aussi de leur propre tempérament. Ne prenez pas les pleurs de votre bébé contre vous. Votre boulot est de créer un environnement positif qui fera décroître le besoin de pleurer du bébé, d’offrir des bras aimants et relaxés pour que le bébé ne pleure pas tout seul, et de poussez comme vous le pouvez le travail de détective qui consiste à chercher pourquoi votre bébé pleure et de quelle manière vous pouvez l’aider. Le reste, c’est le bébé qui décide.
“Lorsque je me sentais déstabilisée dans mon maternage, je demandais à une mère calme et raisonnée, impartiale, d’observer comment je me comportais avec mon bébé, un jour typique, chez moi. Bien que je sache que je suis l’expert en ce qui concerne mon propre bébé, parfois c’est difficile d’être objective, et la voix de l’expérience peut apporter de l’aide.”

6. Ce que la recherche nous apprend. Les chercheures Sylvia Bell et Mary Ainsworth ont mené des études dans les années 1970 qui auraient du mettre a l’index et pour de bon les théories sur les enfants gâtés. (Il est intéressant que jusqu’à ce moment-là, les auteurs qui se sont intéressé au développement de l’enfant et qui prêchaient le “laissez-les pleurer” étaient presque tous des hommes. Il a fallu que des femmes chercheures commencent à rectifier le tir.) Ces chercheures ont étudié deux groupes de couples mère-nourrisson. Le groupe 1 était constitué de mères donnant des réponses promptes et maternantes aux pleurs de leur enfant. Le groupe 2 était constitué de mères plus restreintes dans leur réponse. Elles ont trouvé que les enfants du groupe 1 auxquels les mères avaient répondu tôt et de manière plus maternante étaient moins portés à utiliser les pleurs comme moyen de communication lorsqu’ils avaient un an. Ces enfants semblaient plus sûrement attachés à leur mère et avaient développé de meilleurs talents de communication, devenant moins pleurnichards et manipulateurs.
Jusqu’à cette époque, on avait fait croire aux parents que s’ils prenaient leur bébé dans les bras chaque fois qu’il pleurait, il n’apprendrait jamais à se calmer et deviendrait encore plus exigeant.
D’autres études ont été menées pour définitivement abattre les théories sur les enfants gâtés, montrant que les bébés dont les pleurs ne recevaient pas de réponse prompte se mettaient à pleurer plus, plus longtemps, et d’une manière plus dérangeante. Dans une étude qui comparait deux groupes de bébés en pleurs, dans l’un des groupes, les nourrissons recevaient une réponse immédiate et maternante, tandis que dans l’autre groupe, on laissait les enfants pleurer. Les bébés dont les pleurs recevaient une attention sensible pleuraient moins par 70%. Les bébés qu’on laissait pleurer par contre, ne réduisaient pas leurs pleurs. Essentiellement, la recherche a montré que les bébés dont les pleurs étaient entendus et auxquels on répondait, apprenaient à “pleurer mieux”, les bébés qui étaient le produit d’un style de maternage plus restreint apprenaient à “pleurer plus fort”. Il est intéressant de noter que ces études ont montré des différences non seulement dans la manière de communiquer des bébés avec leurs parents en fonction des réponses qu’ils obtenaient à leurs cris, mais aussi des différences au niveau des mères.
Les études ont montré que les mères qui donnaient une réponse plus restreinte et moins maternante, devenaient graduellement insensibles aux pleurs de leur bébé, et cette insensibilité se propageait à d’autres aspects de leur relation parent-enfant. La recherche a montré que laisser un bébé pleurer gâte toute la famille.

7. Pleurer n’est pas “bon pour les poumons du bébé”. Un des exemples les plus ridicules du folklore médical est le dicton “laissez le pleurer, c’est bon pour ses poumons”. A la fin des années 70, la recherche a montré que les bébés qu’on laissait pleurer avaient des rythmes cardiaques qui atteignaient des niveaux inquiétants et baissaient le taux d’oxygène dans leur sang. Quand les pleurs de ces bébés étaient calmés, leur système cardiovasculaire retournait rapidement à la normale, montrant à quel point les bébés reconnaissaient rapidement l’état de bien-être au niveau physiologique. Si les pleurs du bébé ne sont pas calmés, il est dans une détresse aussi bien physiologique que psychologique. La croyance erronée comme quoi pleurer est sain, survit encore aujourd’hui dans les échelles du score d’Apgar, une sorte de test que les médecins utilisent pour évaluer rapidement l’état d’un nouveau né les premières minutes après sa naissance. Les bébés obtiennent deux points supplémentaires pour “cris vigoureux”. Je me souviens avoir réfléchi sur ce concept au milieu des années 70 alors que j’étais directeur d’une pouponnière dans un hôpital universitaire, avant même de devenir le père d’un bébé aux besoins intenses, ce qui m’a rendu un ferme opposant du “laissez-les pleurer”. Il me semblait que de donner des points pour des cris était insensé physiologiquement. Le nouveau-né dans un état de veille calme, respirant normalement, et en fait plus rose que l’enfant qui pleure, perdait des points au score d’Apgar. Ca me surprend toujours que le plus intriguant des sons humains, les pleurs du bébé, soit encore aussi incompris.

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