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Vous parcourez actuellement les archives du blog eLeF Des Baies et NaturalArte. Graines d’inspiration pour le jour suivant : 25.7.2008.

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Archive pour 25.7.2008

Création

ça remue un peu dedans. un retour à l’atelier sans répondre à une commande, un tumulte de désirs, d’envie de choses à faire,vert et rouge par exemple, et un savoir faire vieux de deux années. je jette sur la toile un amalgame de tout cela, une garnde toile de 1m50sur 1m50 et je ne peux m’empecher de placer un carré de 1 m, pourtant j’y ai dejà joué dans le “Pan de Poche”, tableau de 2.40 m sur 1m80.

Je constate avec regret à quel point j’utilise ce que j’ai déjà utilisé, comment je suis dans la répétition de gestes que je connais déjà et comment je suis sure que je ne vais pas aimer cette toile. Je sais pourtant qu’elle est nécessaire au travail qui va suivre, aux 6 toiles qui attendent d’etre peintes pour être montées, le projet de notre prochaine installation est bien élaborè. je mets du rouge et du vert puisque c’est ça que je veux mais je ne veux pas comme ça comme ça c’est fait et refait, j’en ai trop vu, trop fait, de quoi me renvoyer directement à du noir et du blanc. renouveller les couleurs et la façon de peindre.

C ‘est un réveil, c’est curieux comme processus, pour l’avoir déjà vécu j’ai confiance dans la suite mais il va falloir que j’accouche, douloureusement de celui ci. je me demande si l’utilisation du yoga peut changer ma perception de la douleur dans la peinture…

Le retour au désir de création me renvoie à la maternité. Je pense à toutes ces mamans dont je parcours les blogs, qui cousent, qui brodent, qui tricotent,qui inventent ou ré invente les gestes archaïques de la féminité. comment ma propre création se tourne vers le façonnage et la décoration, comment la véritable impulsion de création est toute entière assouvie par la gestation. Mais je crois que ce sujet merite un article à lui seul. c’est un sujet dont je pensais en faire un mémoire il y a 15 ans, mais je craignais, à juste titre sans doutes,de manquer de documents sur lesquels me referer.

Le retour au désir de création me renvoies aussi à ma découverte de Paris il y a 5 ans, à l’état dans lequel je suis revenue, bouleversée, changée à jamais, à toujours. Comment des journées entières j’ai marché entre les oeuvres, me nourrissant de tout ce que je pouvais aborder, grandissant éprouvant le vertige et le vide, la puissance du désir, l’amour, la sensation absolue esthétique, faisant cette expérience unique parmi tant d’autres d’être happée dans un tableau, bouleversée, émue comme jamais. Depuis je cours les expos espérant retrouver cette si forte émotion. L’œuvre qui me l’a inspirée est contre toute attente (suis très contemporaine en matière d’art) un tableau de Paolo Uccello au musée du Louvres.

Lorsque je suis revenue de Paris, j’avais des envie de bas reliefs moyenâgeux, de pierres, de transferts de matières monochromes, j’ai commencée mon premier carré, entre deux miroir et j’ai travaillé, avec tout ce fouillis d’émotions en moi. J’ai travaillé avec les matériaux et le savoir faire accumulé depuis que je peins. Ce tableau etait une fin en soi. insatisfaisante. Sans commentaires, sans rebondir. ày regarder il y avait quelque chose de tres derangeant, mais en acceptant de le retravailler et ce faisant de le detruire s’est mise en place toute la démarche de la création qui fut la mienne durant les trois ans qui ont suivit.

Le tableau avec lequel je m’apprête à me battre j’espère portera cette transition qui est nécessaire dans mon travail puisque la vie est vieille de deux ans de plus, de l’expérience qui en est faite depuis, et si le résultat est insatisfaisant il permettra j’espère, j’attends de découvrir de quelle manière je vais dire aujourd’hui ce que j’ai à dire…

Pour le moment j’ai travaillé hier soir, en attente de l’orage, chaleur étouffante et impatience qui gronde au dedans, je n’ai plus d’enduit alors que je voulais faire de l’enduit, mais j’ai besoin de travailler quand même et donc je me lance sans, après un tour dans le jardin, apres avoir perdu mes pensées dans la couleur magnifique d’une fleur d’œillet d’inde, un orange profond, persque brun ou rouge ourlé de jaune, apres avoir observé la fine rainure vert, d’un vert si fragile, de la fleur de courgette, tourné dans le jardin pour me remplir de son odeur, et me résigner à changer d’idée.

J’entretiens une distance physique avec ma toile en me souvenant avoir travailler nue, le corps entier dans l’enduit pour faire trace. à présent je travaille avec un masque sur le visage pour protéger mon lait des effluves de la résines et avec des gants, chirurgicaux, mais quand. je n’éprouve plus la matière avec mon corps, ne reste que les yeux et le geste. Je suis en dehors. il va me falloir revenir en dedans.

Je travaille à l’éponge, rouge, eau résine, vert, eau, le geste retrouve l’enduit et efface la trace, je repasse, délaisse, met de la couleur, en enlève… je construit quelque chose et aussitôt que je me recule pour le contempler j’éprouve une insatisfaction immédiate. ce n’est pas ça. en enlevant mon masque je suis saisie par l’odeur humide et chaude de la pierre dont je me gorge et je me rend compte de l’armure érigée entre mes sens et le monde… en enlevant mes gants je ne suis plus dans l’atelier, c’est trop brutal, je sais que lorsque je suis dans ce que je fais il me faut un temps de latence avant de revenir hors. constat.

La toile sèche et je me prépare à y revenir… par contre en quittant l’atelier je vais faire des photos qui ont quelque de différant et retiennent mon attention.. une piste peut être?..

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