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Archive pour 28.7.2008
retrouver le geste…
28.7.2008 par eLeF.
L’article concernant Julien Blaine est mis à jour avec la photographie qui y était décrite.
… retrouver le geste et tant d’autres choses. Je me réveille. Remontent en moi tout pleins de choses, les rêves se bousculent, les noms des artistes et leurs œuvres reviennent en forces, le souvenirs de textes et d’auteurs refont surface. Je sens comme une machine qui se met en route…ça m’accapare soudain de trop, trop de pensées, trop d’inquiétudes, cette recherche de l’accident et je me dis que je n’ai pas le temps, mais il faudra que je finisse cette toile là, et puis peut être faire marche arrière pour attendre d’avoir un peu plus le temps et la disponibilité… Je sais combien cette pensée est hypocrite, puisqu’en même temps, dans le temps que je passe à l’atelier se glissent des pensées qui rebondissent comme un thème de création qui serait entrain de naitre, comment vais l’accommoder avec le thème précèdent, ou vais trouver le temps de parler de tous les artistes dont je me souviens à présent, sans compter que se développe aussi le désir de remettre au programme visite d’expos et lectures un peu plus spécialisées. Je trouve que ce retour à l’atelier va vite, et qu’il est d’une certaine violence…. Et dans l’atelier une toile démarrée et abandonnée il y a un an et pour laquelle se dessine un projet déjà. et aussi 6 autres toiles qui attendent. et tout cela je ne peux l’ignorer et en même temps c’est ce que j’aime dans “le faire” de la création, c’est que ce qui va suivre est déjà présent dans ce qui se fait.
J’avais envie de rouge et vert, et puis aussi une envie de fleurs, mais les fleurs dans l’art contemporain ça ne se fait pas, d’ailleurs je ne suis pas sure que le rouge et vert ça se fasse beaucoup. Et puis ce matin en cherchant autre chose, je suis tombée dans le Beaux arts du mois de Juin 2008, sur une œuvre de C.Y Twombly dont j’avais vu l’expo au Jeu de Paume mais je ne me souviens pas avoir vu de cette œuvre: ” le feu des fleurs”

C.Y Twombly. Le feu des fleurs
En regardant un peu sur internet j’ai trouvé qu’il y a plusieurs panneaux sur le thème, avec des couleurs qui varient. Ce sont des toiles de grandes tailles.
Donc envie de vert, couleur que je n’utilise jamais, et envie de fleurs, représentation que je n’utilise jamais. Ou presque… J’ai travaillée déjà le rouge du coquelicot dans une performance en relation avec l’eau, et le bleu, rouge et bleu même si l’eau n’est pas bleu. La performance “éphémère” était initiatrice en elle même, le résultat tres controversé!!!
Du rouge et du vert sur lequel je suis revenue hier, il ne reste que bien peu de traces de la première étape, je n’aime pas le vert! enfin si j’aime le vert qui m’entoure, c’est donc là qu’il faut aller le chercher. je retrouve donc le geste de la récolte pour nourrir mon travail, j’arpente le jardin avec mes yeux, me félicite d’avoir planté ceci qui va servir à cela, et puis mais oui bien sur il y a ça aussi…
J’attends soudain le bleu de la bourrache avec impatience car si je ne peux pas la consommer je pourrai au moins utiliser sa couleur. D’ailleurs je me demande aussi si je peux me fabriquer une encre rouge de millepertuis, je ne sais pas dans quoi le faire macérer… à suivre
C’est curieux parce que âne et chien m’observent différemment, ils ne me quittent pas des yeux attentifs comme en attente de quelque chose qui se passe.
Le vert qui m’entoure change ma perception de la couleur et je retrouve avec plaisir un joli pigment acheté lors d’une balade à Rustrel avec des élèves, mais qui n’avait jamais trouvé de place dans ma production précédente. Je le retrouve aujourd’hui, où je vis dans un pays rouge et vert, comme un petit trésor, qui attendait son temps.
Du coup le travail reprend, et je retrouve un véritable plaisir à faire en même temps que reviennent des gestes. Des idées antérieures non réalisées reviennent, et un coup d’oeil par la porte de l’atelier m’apporte la réflexion “oh! ça fait féérique”
ah bon? Pas très contemporain, mais je sais ce que ça veut dire en effet .
La notion de féérie ou de poésie me renvoies à une toute jeune jeune artiste qui commence à etre représentée dans Beaux Art donc sur la scène de l’art contemporain. Son travail illustre pour moi la poésie, et j’aurai toujours aimé pouvoir avoir ce langage, mais je ne sais pas le faire, ou je n’ose pas, ou lorsque j’ai tenté c’était raté, je ne sais plus.
Il s’agit de Marlène Mocquet:
ça vaut le coup de cliquer sur l’image pour l’agrandir, il y a une multitude de détails… J’aime bien ce boulot. Il n’a vraiment rien à voir avec le mien, (Twombly plus peut être avec ses coulures “goulures”), et son travail me renvoies aux illustrations de Claude Ponti. même si la facture plastique n’a strictement rien à voir! quelque chose dans la composition , le tumulte linéaire des petits personnages en bas, comme les petits poussins de Ponti.

Et moi où je vais? je ne sais pas encore. si je retrouve le journal de peinture commencé il y a 5 ans maintenant ou si je fais une nouvelle peinture ou le corps deviendrai absent au profit de… je ne sais absolument pas quoi encore!… et j’ai bien envie de voir…
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Feminité archaïque et la lune…
28.7.2008 par eLeF.
Juste le titre pour me souvenir que je veux écrire cet article. Mais ça va être long et je vais devoir replonger dans mes bouquins pour vous présenter des artistes femme qui travaillent sur cette féminité archaïque. En même temps je viens de perdre un temps fou à chercher, sans trouver à piquer la lune trouvée sur le blog “une petite bonne femme de vie” et maintenant il me faut aller faire autre chose…:( . Je lis mal l’anglais mais il semblerait que ce widget soit payant… tans pis on ira le consulter de temps en temps. de toute façon,on échappe difficilement au flux de la lune dans cette maisonnée.
ça me travaille depuis toujours je crois cette relation entre la création, le geste archaïque et la maternité, qui est en soi aussi un acte archaïque.
Parler d’abord du désir. Le désir comme impulsion créatrice. comme essence. quel moteur cela nourrit il? quel est le mecanisme de la création? qu’est ce qui éveille au creux le désir puissant d’avoir un enfant. où se rejoignent l’impétuosité du désir ou de la nécessité de créer ou de procréer. De la pulsion sexuelle peut être…
Du désir et de la création, un très bon livre d’un psychanalyste, Didier Anzieu, “Le corps de l’œuvre”. J’ y reviendrait plus tard, le dit livre, étant dans des cartons…
Cette question se fait femme. Ici, et parce que la question de la femme artiste se pose dans l’histoire de la peinture, où elle est étonnamment absente, alors qu’aujourd’hui l’étudiant en arts plastiques est majoritairement étudiante. Assistons nous à un futur retournement de la pratique des arts qui deviendrait féminine? Comment expliquer cette prédominance féminine dans l’apprentissage et cette toujours prédominance masculine en tant que artiste reconnu?Je ne peux pas répondre à cette question et il me semble que personne ne se la soit encore posée de façon théorique je n’ai donc pas d’ouvrage à citer. Seulement je me demande si les femmes ne seraient pas moins présente sur la scène artistique parce qu’à un moment elles s’arrêtent, s’arrêtent de créer pour procréer.
Parler de la maternité donc. Parler d’abord du désir, de la pulsion sexuelle, tient ça redonde
, de conception, de gestation, de passage, d’accouchement. Tout ces mots qui sont utilisés pour décrire la création, l’acte de creer.
En ce qui me concerne, la maternité me remplie suffisement pour que s’apaise la nécessité de créer par ailleurs. Cette nécessité qui permet l’action. L’enfant en devenir, prend t il toute la place dans l’esprit de sa mère, ou bien le corps qui se transforme pour fabriquer la vie met il en veille les autres fonctions? Je crois qu’il y a quelque chose de purement biologique, d’hormonal peut être, qui fait que le désir de créer n’existe plus de la même manière, il n’y a plus de mise en danger. Il se passe autre chose, et cet autre chose s’observe chez beaucoup de femme qui attendent leur enfant. J’ai pu observer, de forums en blogs, comment l’état de grossesse réveille des créativités qui “préparent”, couture, tricot, travail de tissus et de peinture pour la décoration, broderie, et c’est là je crois, que toute femme retrouve ce que j’appelle ici son archétype féminin. Le tissage, ce qui est profond, ce qui nous ramène à la nuit des temps, ce qui nous réunie toute quelque soit notre activité normale, car peut d’entre nous sont artistes, et pourtant nous partageons ces mêmes activités de couture, et autre en attendant ou en accueillant nos bébés, ce désir souvent de retour aux sources, de se mettre au vert pour protéger la vie qui s’éveille…
Maja Bajevic travaille sur ce fond commun de la féminité, sur le travail ensemble, pour retrouver ce geste ancestral de notre féminin. Dans la vidéo sur le lien ce processus est très bien décrit.


Il y a tant d’artistes, tant de femmes dont je voudrai parler, que je voudrai présenter, des pionnières, des créatrices, des innovatrices qui parlent toutes de ce rapport au monde qui est le leur, dans leur condition de femme. Je me rends compte au fur et à mesure que j’écris que ce sujet est trop vaste pour être écrit ici, d’une traite. Je vais tenter de l’organiser autrement.
Je voudrai juste finir en mettant en parallèle la performance de Marina Abramovic , elle a nettoyée des os en chantant, et je ne pense pas que ce soit en reference avec le livre de Clarissa Pinkola Estés, “Femmes qui courent avec les loups” mais je trouve qu’elle illustre parfaitement l’histoire de la vieille femme qui nettoie les os.

Le choix de ces deux œuvres peuvent surprendre alors que je parle de maternité, cependant la maternité même si elles nous fait désirer tant de douceur, de paix de couleurs douces ou acidulées,nous emmene à la rencontre de la femme que nous sommes, au fond de notre corps. Et au creux de cette femme qui attend un enfant il y a toutes les autres femmes avant elles qui ont attendu un enfant, et nous touchons le mystère, et nous frôlons le jeux de la vie et de la mort, et nous atteignons un état de conscience différent, nouveau. La grossesse nous plonge à la fois dans un monde de béatitude et à fleur de toutes les peurs. Ici Marina chante, là nous brodons, ici Marina lave un os de son sang, et ce faisant lui donne un aspect différent, sans le sang s’éloigne la peur, l’os devient fossile, l’os devient vestige, tandis que recouvert de son sang il évoque la mort, le déchirement, le mortellement, ect…, là nous tricotons, nous fabriquons la vie, nous la créons plusieurs fois, en nous, et autour de nous, “tromper l’attente de la grossesse”, c’est aussi la protéger…
Et la création, la création artistique répond à la même nécessité de vie et de mort, en témoignent particulièrement les performeurs, body art des années 70-80, dont je parlerais plus loin.
Pour parler de la lune qui veille en chacune d’entre nous, car c’est ce qui est commun à chacune d’entre nous qui m’interroge ici, je copies quelques mots tirés de “Femmes qui courent avec les loups”
“Telle une piste qui, dans la foret, se fait de plus en plus étroite jusqu’à sembler disparaitre, la psychologie classique tourne court lorsqu’il s’agit de la femme créatrice, de la femme douée, de la femme profonde. Elle est souvent peu bavarde ou carrement silencieuse sur les questions d’une grande importance pour les femmes: celle de l’archétype, de l’intuition, du sexuel et du cyclique, des ages de la femme,de sa façon d’etre, de son savoir, de la flamme de sa créativité.”
“quelques soient ses influences culturelles, toute femme comprend intuitivement les mots femme et sauvage.
Quand les femmes entendent ces mots, un vieux, très vieux souvenir s’éveille, la mémoire de leur parenté absolue, indiscutable et irrévocable avec la féminité sauvage. Ce lien peut être distendu du fait de notre négligence ou avoir été mis hors la loi par la culture environnante. il a pu avoir été domestiqué à l’excès ou bien encore nous avons cessé de le comprendre. Mais même si nous avons oubliés les noms de la Femme Sauvage, même si nous faisons la sourde oreille quand elle prononce le notre, dans la moelle de nos os, nous la connaissons, nous la désirons. Elle nous appartient, nous lui appartenons et nous le savons.
C’est dans cette relation fondamentale primitive essentielle que nous sommes nées, c’est d’elle que, dans notre essence, nous dérivons. L’archétype de la femme sauvage enveloppe l’être Alpha du matrilignage. Lorsque parfois nous en faisons l’expérience, même fugitivement, nous mourrons d’envie de continuer. chez certaines femmes, ce “gout du sauvage” vient à la grossesse ou bien pendant qu’elles s’occuppent de leurs tout-petits, ou au cours de ce changement miraculeux qui intervient en elles lorsqu’elles eleve un enfant, ou enfin quand elles entretiennent une relation amoureuse comme on entretient son jardin.”
Ces mots sont tirés de l’introduction qui s’appelle “chanter au dessus des os”
Voilà, un peu en vrac l’amalgame de tout ce qui tourne en moi comme réflexions en retrouvant mon atelier et en me remettant en marche vers la démarche créatrice, avec appréhensions mais aussi décision. Et avec en moi le souvenir très vif de ce passage que sont la grossesse et la naissance, et le constat qu’aujourd’hui mon intérêt ne se détourne pas de celui qui est le mien pour occuper la grossesse, il s’enrichit d’autre chose qui nécessite d’autre support. et pourtant en faisant, je reconnais le geste, ce geste archaïque, né du mouvement de toutes les lunes de ma vie, de la notre, et de celle qui nous précèdent et nous suivront.
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