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Archive de la catégorie Atelier

retrouver le geste…

L’article concernant Julien Blaine est mis à jour avec la photographie qui y était décrite. ;)

… retrouver le geste et tant d’autres choses. Je me réveille. Remontent en moi tout pleins de choses, les rêves se bousculent, les noms des artistes et leurs œuvres reviennent en forces, le souvenirs de textes et d’auteurs refont surface. Je sens comme une machine qui se met en route…ça m’accapare soudain de trop, trop de pensées, trop d’inquiétudes, cette recherche de l’accident et je me dis que je n’ai pas le temps, mais il faudra que je finisse cette toile là, et puis peut être faire marche arrière pour attendre d’avoir un peu plus le temps et la disponibilité… Je sais combien cette pensée est hypocrite, puisqu’en même temps, dans le temps que je passe à l’atelier se glissent des pensées qui rebondissent comme un thème de création qui serait entrain de naitre, comment vais l’accommoder avec le thème précèdent, ou vais trouver le temps de parler de tous les artistes dont je me souviens à présent, sans compter que se développe aussi le désir de remettre au programme visite d’expos et lectures un peu plus spécialisées. Je trouve que ce retour à l’atelier va vite, et qu’il est d’une certaine violence…. Et dans l’atelier une toile démarrée et abandonnée il y a un an et pour laquelle se dessine un projet déjà. et aussi 6 autres toiles qui attendent. et tout cela je ne peux l’ignorer et en même temps c’est ce que j’aime dans “le faire” de la création, c’est que ce qui va suivre est déjà présent dans ce qui se fait.

J’avais envie de rouge et vert, et puis aussi une envie de fleurs, mais les fleurs dans l’art contemporain ça ne se fait pas, d’ailleurs je ne suis pas sure que le rouge et vert ça se fasse beaucoup. Et puis ce matin en cherchant autre chose, je suis tombée dans le Beaux arts du mois de Juin 2008, sur une œuvre de C.Y Twombly dont j’avais vu l’expo au Jeu de Paume mais je ne me souviens pas avoir vu de cette œuvre: ” le feu des fleurs”

C.Y Twombly. Le feu des fleurs

En regardant un peu sur internet j’ai trouvé qu’il y a plusieurs panneaux sur le thème, avec des couleurs qui varient. Ce sont des toiles de grandes tailles.

Donc envie de vert, couleur que je n’utilise jamais, et envie de fleurs, représentation que je n’utilise jamais. Ou presque… J’ai travaillée déjà le rouge du coquelicot dans une performance en relation avec l’eau, et le bleu, rouge et bleu même si l’eau n’est pas bleu. La performance “éphémère” était initiatrice en elle même, le résultat tres controversé!!! :D

Du rouge et du vert sur lequel je suis revenue hier, il ne reste que bien peu de traces de la première étape, je n’aime pas le vert! enfin si j’aime le vert qui m’entoure, c’est donc là qu’il faut aller le chercher. je retrouve donc le geste de la récolte pour nourrir mon travail, j’arpente le jardin avec mes yeux, me félicite d’avoir planté ceci qui va servir à cela, et puis mais oui bien sur il y a ça aussi…

J’attends soudain le bleu de la bourrache avec impatience car si je ne peux pas la consommer je pourrai au moins utiliser sa couleur. D’ailleurs je me demande aussi si je peux me fabriquer une encre rouge de millepertuis, je ne sais pas dans quoi le faire macérer… à suivre

C’est curieux parce que âne et chien m’observent différemment, ils ne me quittent pas des yeux attentifs comme en attente de quelque chose qui se passe.

Le vert qui m’entoure change ma perception de la couleur et je retrouve avec plaisir un joli pigment acheté lors d’une balade à Rustrel avec des élèves, mais qui n’avait jamais trouvé de place dans ma production précédente. Je le retrouve aujourd’hui, où je vis dans un pays rouge et vert, comme un petit trésor, qui attendait son temps.

Du coup le travail reprend, et je retrouve un véritable plaisir à faire en même temps que reviennent des gestes. Des idées antérieures non réalisées reviennent, et un coup d’oeil par la porte de l’atelier m’apporte la réflexion “oh! ça fait féérique”

ah bon? Pas très contemporain, mais je sais ce que ça veut dire en effet .

La notion de féérie ou de poésie me renvoies à une toute jeune jeune artiste qui commence à etre représentée dans Beaux Art donc sur la scène de l’art contemporain. Son travail illustre pour moi la poésie, et j’aurai toujours aimé pouvoir avoir ce langage, mais je ne sais pas le faire, ou je n’ose pas, ou lorsque j’ai tenté c’était raté, je ne sais plus.

Il s’agit de Marlène Mocquet:

marlenemoquet.jpg

ça vaut le coup de cliquer sur l’image pour l’agrandir, il y a une multitude de détails… J’aime bien ce boulot. Il n’a vraiment rien à voir avec le mien, (Twombly plus peut être avec ses coulures “goulures”), et son travail me renvoies aux illustrations de Claude Ponti. même si la facture plastique n’a strictement rien à voir! quelque chose dans la composition , le tumulte linéaire des petits personnages en bas, comme les petits poussins de Ponti.

 

 

Et moi où je vais? je ne sais pas encore. si je retrouve le journal de peinture commencé il y a 5 ans maintenant ou si je fais une nouvelle peinture ou le corps deviendrai absent au profit de… je ne sais absolument pas quoi encore!… et j’ai bien envie de voir…

 

 

Création

ça remue un peu dedans. un retour à l’atelier sans répondre à une commande, un tumulte de désirs, d’envie de choses à faire,vert et rouge par exemple, et un savoir faire vieux de deux années. je jette sur la toile un amalgame de tout cela, une garnde toile de 1m50sur 1m50 et je ne peux m’empecher de placer un carré de 1 m, pourtant j’y ai dejà joué dans le “Pan de Poche”, tableau de 2.40 m sur 1m80.

Je constate avec regret à quel point j’utilise ce que j’ai déjà utilisé, comment je suis dans la répétition de gestes que je connais déjà et comment je suis sure que je ne vais pas aimer cette toile. Je sais pourtant qu’elle est nécessaire au travail qui va suivre, aux 6 toiles qui attendent d’etre peintes pour être montées, le projet de notre prochaine installation est bien élaborè. je mets du rouge et du vert puisque c’est ça que je veux mais je ne veux pas comme ça comme ça c’est fait et refait, j’en ai trop vu, trop fait, de quoi me renvoyer directement à du noir et du blanc. renouveller les couleurs et la façon de peindre.

C ‘est un réveil, c’est curieux comme processus, pour l’avoir déjà vécu j’ai confiance dans la suite mais il va falloir que j’accouche, douloureusement de celui ci. je me demande si l’utilisation du yoga peut changer ma perception de la douleur dans la peinture…

Le retour au désir de création me renvoie à la maternité. Je pense à toutes ces mamans dont je parcours les blogs, qui cousent, qui brodent, qui tricotent,qui inventent ou ré invente les gestes archaïques de la féminité. comment ma propre création se tourne vers le façonnage et la décoration, comment la véritable impulsion de création est toute entière assouvie par la gestation. Mais je crois que ce sujet merite un article à lui seul. c’est un sujet dont je pensais en faire un mémoire il y a 15 ans, mais je craignais, à juste titre sans doutes,de manquer de documents sur lesquels me referer.

Le retour au désir de création me renvoies aussi à ma découverte de Paris il y a 5 ans, à l’état dans lequel je suis revenue, bouleversée, changée à jamais, à toujours. Comment des journées entières j’ai marché entre les oeuvres, me nourrissant de tout ce que je pouvais aborder, grandissant éprouvant le vertige et le vide, la puissance du désir, l’amour, la sensation absolue esthétique, faisant cette expérience unique parmi tant d’autres d’être happée dans un tableau, bouleversée, émue comme jamais. Depuis je cours les expos espérant retrouver cette si forte émotion. L’œuvre qui me l’a inspirée est contre toute attente (suis très contemporaine en matière d’art) un tableau de Paolo Uccello au musée du Louvres.

Lorsque je suis revenue de Paris, j’avais des envie de bas reliefs moyenâgeux, de pierres, de transferts de matières monochromes, j’ai commencée mon premier carré, entre deux miroir et j’ai travaillé, avec tout ce fouillis d’émotions en moi. J’ai travaillé avec les matériaux et le savoir faire accumulé depuis que je peins. Ce tableau etait une fin en soi. insatisfaisante. Sans commentaires, sans rebondir. ày regarder il y avait quelque chose de tres derangeant, mais en acceptant de le retravailler et ce faisant de le detruire s’est mise en place toute la démarche de la création qui fut la mienne durant les trois ans qui ont suivit.

Le tableau avec lequel je m’apprête à me battre j’espère portera cette transition qui est nécessaire dans mon travail puisque la vie est vieille de deux ans de plus, de l’expérience qui en est faite depuis, et si le résultat est insatisfaisant il permettra j’espère, j’attends de découvrir de quelle manière je vais dire aujourd’hui ce que j’ai à dire…

Pour le moment j’ai travaillé hier soir, en attente de l’orage, chaleur étouffante et impatience qui gronde au dedans, je n’ai plus d’enduit alors que je voulais faire de l’enduit, mais j’ai besoin de travailler quand même et donc je me lance sans, après un tour dans le jardin, apres avoir perdu mes pensées dans la couleur magnifique d’une fleur d’œillet d’inde, un orange profond, persque brun ou rouge ourlé de jaune, apres avoir observé la fine rainure vert, d’un vert si fragile, de la fleur de courgette, tourné dans le jardin pour me remplir de son odeur, et me résigner à changer d’idée.

J’entretiens une distance physique avec ma toile en me souvenant avoir travailler nue, le corps entier dans l’enduit pour faire trace. à présent je travaille avec un masque sur le visage pour protéger mon lait des effluves de la résines et avec des gants, chirurgicaux, mais quand. je n’éprouve plus la matière avec mon corps, ne reste que les yeux et le geste. Je suis en dehors. il va me falloir revenir en dedans.

Je travaille à l’éponge, rouge, eau résine, vert, eau, le geste retrouve l’enduit et efface la trace, je repasse, délaisse, met de la couleur, en enlève… je construit quelque chose et aussitôt que je me recule pour le contempler j’éprouve une insatisfaction immédiate. ce n’est pas ça. en enlevant mon masque je suis saisie par l’odeur humide et chaude de la pierre dont je me gorge et je me rend compte de l’armure érigée entre mes sens et le monde… en enlevant mes gants je ne suis plus dans l’atelier, c’est trop brutal, je sais que lorsque je suis dans ce que je fais il me faut un temps de latence avant de revenir hors. constat.

La toile sèche et je me prépare à y revenir… par contre en quittant l’atelier je vais faire des photos qui ont quelque de différant et retiennent mon attention.. une piste peut être?..

envie de rouge et vert

Envie de peindre